21 avril 2007
21 Avril 2007
Bon, et bien voilà, va falloir y aller.
Ici on votera samedi, de huit heures à huit heures (ce qui nous laissera le temps de réfléchir un peu dans l'urninoir), de sorte que les résultats de dimanche soir à 20 heures incluent les expatriés (sympathique attention).
Cette année, j'ai fait le boulot, en tout cas ce qu'il était possible de faire depuis l'étranger et ça m'a pris du temps : éplucher le journal quotidiennement, consulter les blogs politiques, surfer sur les sites officiels, regarder des vidéos, se renseigner sur l'opinion internationale, voir les sondages, diversifier les sources, discuter avec qui voulait bien évoquer le sujet, parcourir les propositions et les déclarations, lire les mails envoyés aux "français de l'étranger" par les candidats (à croire qu'expatrié ou français expatrié, c'est vulgaire) et même, dépoussiérer quelques notions de théorie des jeux jadis connues (paradoxe de Condorcet, pari de Pascal, théorême d'impossibilité d'Arrow, si ça vous intéresse, regardez, c'est à la fois déroutant et instructif).
Je pensais en avoir fait assez pour me "faire une idée" et "choisir mon candidat". Pourtant, tout ça m'amène seulement à constater qu'entre les bourdes, les diabolisations, les stigmatisations, les coups bas, les luttes d'influence, les déclarations à l'emporte pièce, les déclarations pas à l'emporte pièce, la désinformation, les caricatures, les néologismes, les insultes, les absences de charisme, les excès de charisme, les impôts sur la fortune, les propositions venues de l'espace, les opportunes parutions de livre, les dérapages, les appels, les rappels à l'ordre, les visites symboliques, les petites phrases, les surnoms trop in, les adoubements, les reniements, les trahisons, les retournements, les démissions, les soumissions, les pièges des imitateurs, les faux procès, les vrais procès, les interprétations multiples, les scoops, les scooters volés, les sous-marins, les bilans, les contre-bilans, les photos campagnardes, les aberrations diplomatiques, et surtout, surtout, les incroyables enfantillages partisans (genre ça et ça, et j'aurais pu mettre au moins un lien sous chacun des autres termes de cette énumération, mais je n'en ai pas plus envie que ça. Trop long), il n'y a pas un camp qui ne m'ait donné l'occasion de virtuellement m'étouffer de rire ou d'indignation. Certains plus que d'autres cela dit, mais aucun suffisamment peu pour que je revienne sur ma non-décision de, comme on dit le mercredi soir, checker, et puis on verra bien le ou les présidentiables qui sortent au flop.
Pas comme à l'échafaud, mais sans enthousiasme. J'aurais au moins évité de subir le battage en France.
Sam, qui ira quand même.
Edit : 21/04/07 23:00 le texte de ce lien n'arrête pas de changer, suite à une traînée de poudre sur la blogosphère. Mais on en parle depuis ce matin là et là.
13 avril 2007
Short story
Mercredi soir. Le Wednesday Poker Tour fait une nouvelle fois étape à l’Appart, J’émerge un quart d’heure avant l’heure convenue, dans un état proche du Massachusetts, la faute à une grippe assommante, alors qu’arrivent les premiers joueurs. Sean et Brian, les irlandais, et leur escorte espagnole, les jeunes loups venus de l’empire de l’est, ce vieux briscard de Sexy, Couwtekx le commentateur et bien sûr, le Major. David le fourbe est en voyage et se livre probablement à d’autres activités illégales, J. E. est injoignable, et aucun des autres joueurs occasionnels ne s’est manifesté. Neuf joueurs seulement, donc. Ca s'annonçait déjà plus rapide qu'à l'accoutumée.
Vingt minutes après l’heure convenue, les joueurs sont attablés, la mise collectée, les chips distribuées, le réveil programmé, les regards concentrés et les cartes comptées. Première donne. Ma première main : cinq et huit de cœur. Pas terrible ascendant naze, mais à ce stade de la partie, toutes les mains sont jouables.
Flop : valet de trèfle, dix de cœur, cinq de carreaux. Possibilité de straight. Peu de chance de flush. Me voilà avec une paire de cinq. Seuls Phil, un des autrichiens et Sexy mettent de l’argent sur la table. Ils chassent la suite. Si elle ne tombe pas, ma paire de cinq risque de faire la main. I call.
Turn : deux de cœur. Quatre cœurs, mais moins de 20% de chance de voir tomber un cinquième cœur. La bonne nouvelle, c’est que je suis toujours leader avec ma paire de cinq. I call. Phil met six fois la blind, histoire de voir qui se laissera intimider. Peine perdue. Nous serons trois à voir la rivière. I call.
River : roi … de cœur. L’inespéré cinquième cœur … Il y en a probablement au moins un qui a touché sa suite, mais je me retrouve avec cinq cœurs, ce qui est bien mieux que ma paire de cinq. Opération check-raise, la main ne peut pas m’échapper. Phil met un quart de ces jetons. Sexy double. Soudainement, toute la table est attentive. De l’action à la première main, c’est plutôt rare. Ils ont la suite tout les deux, l’un la petite, au roi, l’autre à l’as. Il ne me reste qu’à faire fructifier ma couleur venue de l’anti-monde des probabilités. I call. Et c’est à ce moment que l’autrichien pousse sa pile entière. All in. Première main. La tension monte d’une centaine de crans. Si Sexy ou moi suivons, il y aura une éjection au premier tour. Sexy suit, confiant. Ils sont fous ! Et s’il y en avait qui avait une meilleure couleur. Hmm, peu probable, ils chassaient tous les deux la suite et ils l’ont eu. I call. Trois joueurs all-in. Deux sorties assurées ou presque. Un record pour une première main. Showdown.
Sexy sort un as et une dame. Assez pour faire une belle et inutile suite. J’exhibe fièrement ma couleur. Sexy est dehors. Phil retourne une dame et un neuf. Une plus petite suite que Sexy. Sweet !!! ... Hey wait, they're both hearts ! Deux cœurs, la configuration insoupçonnable, il chassait la suite avec deux cœurs ! L'anti-monde des choses improbables s'est manifesté deux fois sur la même main, et ça fait mal ! Sa couleur est meilleure que la mienne !
Un instant d’incrédulité et de colère plus tard (ma capacité à me mettre sous pression pour une simple partie de poker me surprend moi-même, même si c'est évidemment l'attrait principal de ce jeu), me voilà obligé d’accepter que je me suis fait sortir, au premier tour, après moins de deux minutes de jeu, chez moi. Une honte et une première. La simulation de la main sur internet a montré que j’avais les probabilités pour moi jusqu’à la rivière, ce qui n'arrange pas la frustration de mon ego. Comme quoi ça ne suffit pas toujours.
Sam, poker modjo lost
09 avril 2007
So, I am getting older again!
Vingt-quatre. La vingt-quatrième aura été d’assez loin la plus riche. Comme à chaque fois ces dernières années à cette saison, il y a ce sentiment de laisser derrière soi un palier, autrefois anticipé, aujourd’hui révolu. Avec les inévitables comparaisons que cela entraîne. Vingt-quatre sonne étrangement exponentiellement plus adulte que vingt-quatre moins un. J’en connais qui à cet âge sont sur le point de se marier, voire savent avec quasi-certitude ce qu’ils feront dans six mois, avec qui et à quel endroit. J’ai de l’admiration pour eux. Mais ça n’est clairement ni mon cas, ni mon intention. Pour le moment en tout cas.
J’ai passé le week-end de mon anniversaire à parler anglais avec des américains, à baragouiner de l’allemand avec des autrichiens, à ânonner de l’espagnol avec des mexicaines, à bafouiller de l’afrikaans avec des sud-africaines, à bredouiller du français avec des suisses et quelques français à l'occasion. Il y a eu de l’animation, des rencontres, encore et toujours, des danses latines, des cris, des rires multilingues, et un lever de soleil admiré par la fenêtre du balcon, le tout en guise de répétition d’une vraie fête d’anniversaire qui aura lieu la semaine prochaine pour des raisons obscures et complexes de calendrier.
Honnêtement, les visages et les accents, je ne pourrais me souvenir de tous. Mais il restera cette indescriptible atmosphère, qui aura rendu mon séjour si riche. Cette dernière a néanmoins le tort de peu m'aider à déterminer ce que sera l’an vingt-cinq. Il va sans doute falloir attendre une douzaine de mois pour savoir.
Merci à ceux qui y ont pensé. Retardataires, il y a de la place dans les commentaires.
Sam, as old as a day in Jack Bauer’s life is long, but in years.
02 avril 2007
Catch up
Cher lecteur,
Contrairement à ce que tu pourrais croire vue la fréquence de mes derniers billets, non je ne suis pas encore mort d'obésité. Et au cas où ça t’intéresse, tout va bien.
Dernièrement, disons que j’ai été occupé. Ecriture d’un article qui n’en finit pas de ne pas vouloir se terminer, quelques départs, quelques arrivées, quelques rencontres, quelques soirées newyorkaises, beaucoup de soirées princetoniennes, un déménagement à l’Appart, où j’ai enfin, après dix mois, une chambre. Et puis après quelques mois plutôt calme, l’Appart a retrouvé son activité de fin de semaine. Pas un samedi soir depuis un mois où moins de dix personnes y ont passé la nuit. Il y a même eu le week end dernier, une ghost party, une soirée, annulée au dernier moment sans que nous soyons au courant. Quand la before et l’after se touchent ... c'est party remise.
J’ai suivi la campagne électorale avec attention et un intérêt moyen. J'ai été surpris de la voir s'installer jusque dans ma boîte mail, puisque j’ai reçu la lettre aux français établis à l’étranger de Nicolas Sarkozy. J’attends celle de François Bayrou (The neither/nor candidate, selon le New York Times, une traduction efficace de "troisième homme"), que d’autres ont reçu. Pas de nouvelle de Ségolène Royal. Je vais même pouvoir mettre mon bulletin dans l’urne à domicile, puisque Princeton abrite un bureau consulaire.
L’autre préoccupation du moment, c’est ce qu’il adviendra de ma peau quand la parenthèse Princeton sera terminée. Les paramètres : prêt étudiant, envie de faire de la recherche, prêt étudiant, envie de continuer à l’étranger, prêt étudiant … Je n’ai pas encore la solution mais j’y travaille.
Aujourd’hui, c’est un anniversary pour moi. Cela fait exactement un an que j’ai posé le pied sur le sol US, que je n’ai quitté que trois semaines depuis. Ce fut une bonne année. Très riche. Mais il est trop tôt pour en faire en bilan. Dans trois mois je quitterai cet endroit. J’irai vraisemblablement faire autre chose, ailleurs, ce qui ne veut pas dire que je ne sais encore ni quoi, ni où ...
Ce blog a donc également fêté sa première bougie. Presque soixante-dix billets, à intervalles soigneusement irréguliers, soit une moyenne bien meilleure que ce que je m’attendais à tenir, malgré la récente baisse de régime. Il fut aussi mon meilleur vecteur de communication (souvent unilatérale, hélas) avec le monde extérieur, avec la France. L’exercice d’écriture fut en tout cas enrichissant.
Je pense retrouver un rythme d’écriture régulier très bientôt. D’ici là, bon vent.
Sam, back on track







